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NOUVELLE MENACE SUR LA FILIERE PECHE

Publié par Frédéric CUVILLIER sur 7 Octobre 2009

Afin de soutenir la pêche des espèces de grand fond - récemment menacée d’interdiction totale dans la plus grande confusion - et d’obtenir des garanties auprès du Gouvernement quant à son avenir, je suis intervenu auprès de François FILLON, Premier Ministre, tout en sollicitant également MM. Jean-Louis BORLOO, Ministre d’Etat, de l’Ecologie, de l’Energie, du Développement durable et de la Mer, et Bruno LE MAIRE, Ministre de l’Alimentation, de l’Agriculture et de la Pêche :

Monsieur le Premier ministre,

 

         A la suite des réunions qui se sont tenues dans le cadre du Grenelle de la Mer, Messieurs Jean-Louis BORLOO, Ministre d’Etat de l’Ecologie, de l’Energie, du Développement durable et de la Mer, et Bruno LE MAIRE, Ministre de l’Alimentation, de l’Agriculture et de la Pêche, ont confié à Monsieur Louis LE PENSEC, Ancien Ministre de la Mer, une mission d’étude sur l’avenir des pêches profondes dans les eaux européennes.

 

La question d’un moratoire sur cette pêcherie, abordée dans le cadre du groupe de travail n°2 du Grenelle de la Mer à l’initiative des seuls représentants des associations de protection de l’environnement, avait pourtant été rejetée par la majorité des participants de ce groupe.

 

L’ambition récemment mise au jour du Gouvernement de se prononcer en faveur d’une interdiction totale de la pêche des espèces profondes au niveau international, et ce avant même les conclusions de la mission d’expertise scientifique confiée à Monsieur LE PENSEC, a suscité la légitime démission de ce dernier.

 

Aussi, je tenais à vous exprimer, Monsieur le Premier ministre, ma consternation face à ce double langage adopté par votre gouvernement ainsi que ma profonde crainte quant au sort que vous semblez vouloir réserver à cette pêcherie.

 

Découverte par les pêcheurs boulonnais à la fin des années 80, l’exploitation des espèces profondes a permis une diversification des pêcheries et donc une certaine flexibilité des bateaux pour les armateurs confrontés à une diminution de la ressource en lieu noir. A Boulogne-sur-Mer, cette pêcherie représente aujourd’hui un tiers de la flottille de l’armement EURONOR.

 

 

Le développement de cette exploitation s’est toutefois opéré dans le plus strict contrôle qui en fait aujourd’hui l’une des pêches les plus réglementées au niveau européen et international. La collaboration instaurée entre professionnels et scientifiques sur l’étude de cette pêcherie est d’ailleurs tout à fait exemplaire pour le secteur de la pêche en France.

 

Bien que soumise à des limitations de captures très importantes depuis 2002, la pêche des espèces de grand fond n’en demeure pas moins essentielle à l’équilibre économique de nombreuses entreprises en mer et à terre et à celui de plusieurs ports français tels que Boulogne-sur-Mer mais aussi Lorient, Le Guilvinec, Concarneau ou encore Bayonne.

 

La confusion quant à la position du Gouvernement a créé un véritable trouble parmi les armateurs concernés par la pêche en eau profonde qui s’apprêtaient pourtant, au travers de leur Union professionnelle, à contribuer activement et intelligemment à la mission engagée. Cette politique abusivement environnementaliste méconnaît de toute évidence les enjeux liés à cette profession. Et en tout état de cause la décision d’un moratoire sur cette pêcherie ne peut décemment être prise à la légère ; décision qui par ailleurs remettrait en cause l’ensemble de l’activité de pêche au chalut.

 

C’est pourquoi, je sollicite de votre haute autorité, Monsieur le Premier ministre, de bien vouloir me faire connaître la position de votre Gouvernement sur la pêche de grand fond ainsi que ses intentions quant à la poursuite de la  mission d’étude engagée sur cette question.

 

Dans l’attente, je vous prie de croire, Monsieur le Premier ministre, à l’assurance de ma très haute considération.

 

 

Frédéric CUVILLIER