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Le ministre de l’agriculture se doit d’agir pour sauver la filière laitière française

Publié par Frédéric CUVILLIER sur 22 Septembre 2009

La situation de nombreuses filières agricoles est extrêmement préoccupante : les trésoreries des exploitations sont dans le rouge. Le secteur du lait est particulièrement en difficulté : 30 000 exploitations pourraient disparaître dans les prochains mois. Les mouvements désespérés organisés par les éleveurs laitiers témoignent de l’exaspération d’une très grande partie d’entre eux. Les agriculteurs, regroupés au sein de l'APLI, l'association de producteurs de lait indépendants dont j’ai reçu les représentants locaux dernièrement, préfèrent donner, voire jeter leur lait que de le vendre à perte…Ils se sentent avec raison trahis et manipulés et m’ont fait par de leur colère il y a de cela quelques semaines.


Dans le Boulonnais, caractérisé par des exploitations de petites tailles, nos agriculteurs souffrent particulièrement des conséquences d’un prix du lait anormalement bas. Pour sensibiliser la population aux difficultés qu’ils rencontrent, ils sont d’ailleurs présents, avec mon total soutien, sur les marchés de la place Dalton à Boulogne depuis plusieurs semaines.

Face à une situation qui n’a que trop duré, je tiens à nouveau à dénoncer le double langage de la majorité et du ministre de l’agriculture. Monsieur Bruno Le Maire, dès sa prise de fonction, se déclarait favorable à la disparition des quotas laitiers. Les gesticulations actuelles du ministre et les quelques dizaines de millions d’euros distribués ont pour seul objectif de contenir la colère des agriculteurs les plus en difficulté.

Et ceci tout en laissant avancer la dérégulation, qui va passer toute la profession au tamis : on jette les petits éléments, jugés peu compétitifs, pour ne conserver que les plus importants, susceptibles de s’adapter. La méthode est brutale, le résultat imparable. Cette crise correspond à une nouvelle étape d’un vaste mouvement programmé de restructuration de la production laitière en France et en Europe.

Le résultat, ce sera une filière laitière sinistrée, où ne subsisteront que quelques vastes « usines à lait » standardisées. Cette perspective est d’autant plus absurde au moment où il faudrait au contraire se donner les moyens de construire  l’agriculture écologique et durable qu’attendent les Français.

Il est temps d’agir et de changer de politique. Aussi, je ne manquerai pas d’interpeller Bruno Le Maire à l’Assemblée nationale, notamment lors des questions au Gouvernement, pour que des outils publics de gestion de l’offre soient restaurés afin d’assurer une production économiquement, socialement et territorialement équilibrée. Il faut que soit garanti un prix du lait rémunérateur, seul gage du maintien de la production laitière sur tout le territoire.